Florent, conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation en milieu fermé

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"Notre travail, c'est d'accompagner les personnes pendant tout leur parcours, jusqu’à l’objectif final : leur réinsertion dans la société."

Florent est conseiller pénitentiaire d'insertion (CPIP). Il travaille sur le ressort de la direction interrégionale de Rennes, en milieu fermé (c'est à dire au sein d'un établissement pénitentiaire). En milieu fermé, les CPIP accompagnent les personnes détenues dans le cadre d’un parcours d’exécution des peines et aident à la décision judiciaire en proposant des mesures d'aménagement de peine, par exemple. Découvrez la réalité de son métier en lisant son interview !

Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Juriste, j’ai un Master 2 en droit des technologies de l’information et de la communication. Je ne savais pas réellement ce que je voulais faire, donc mon parcours s’est fait au fil de ce qui me plaisait. Après quelques expériences professionnelles dans le juridique, j’ai réfléchi aux concours de l’Etat. Je voulais faire un métier utile pour la société, c’était ça mon objectif, et c’est ce qui m’a plu dans le métier de conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation. Si j’en avais entendu parler dès la fac, peut-être que j’aurais moins cherché ce qui me plaisait et directement décidé de faire ça, même si mon parcours m’aide. L’articulation entre le social et le juridique est intéressante.
J’ai donc passé le concours en 2016 et je suis titularisé depuis août 2018. J’ai choisi d’exercer en milieu fermé, en centre de détention (où il n’y a que des détenus condamnés à plus de deux ans), car je voulais explorer les possibilités de suivis un peu plus longs. L’avantage du métier de CPIP, c’est qu’il y a plein de choses différentes à découvrir et à faire : au-delà de l’option d’exercer en milieu fermé ou milieu ouvert* (ou mixte), le type d’établissement joue aussi : de l’un à l’autre, les rythmes changent et les publics ne sont pas les mêmes. 

Parlez-nous un peu de votre quotidien.
Il n’est pas monotone ! Quand on arrive le matin on ne sait pas trop ce qui va se passer dans la journée, particulièrement en milieu fermé. Il faut composer entre le prévu (des entretiens individuels, par exemple) et l’imprévu (une permission de sortir exceptionnelle, ou encore une demande de rendez-vous en urgence).
Notre service est organisé en deux pôles : l’un se charge du suivi différencié – pour les peines où le reliquat est long –, l’autre du suivi actif, où je travaille – chargé des personnes en fin de peine, aménageable à court terme. On y mène donc beaucoup de démarches concrètes de réinsertion : orientation auprès des partenaires de recherche d’emploi ou associations d’insertion, accompagnement dans les problématiques d’hébergement, maintien des liens familiaux, actions culturelles (en collaboration avec notre coordinateur socio-culturel). 
Le quotidien de CPIP, c’est aussi la collaboration en continu avec l’autorité judiciaire : l’une de nos missions est en effet l’aide à la décision judiciaire. On émet donc des avis, qui vont permettre d’éclairer le magistrat lorsqu’il doit se pencher sur un dossier. Cet avis prend la forme de rapports, souvent, mais nous échangeons régulièrement avec eux de façon plus directe (mails, notes partagées, participation aux commissions d’application des peines [voir encadré ci-dessous]).

Quelles sont vos motivations ?
J’aime avoir le sentiment de faire quelque chose d’utile. La relation à l’autre, l’aspect social du métier – tant dans les entretiens et la découverte de parcours de vie que dans la réflexion sur des solutions adaptées qui éviteront à la personne suivie d’avoir à nouveau affaire à la justice. 
D’un point de vue plus global, pour moi, prévenir la récidive c’est agir pour la société. Dans nos fonctions, on pense à l’après. Les représentations de l’incarcération – à la TV, dans les films – se limitent souvent à l’arrivée en prison, et la question ne se pose jamais de la suite. C’est notre travail : accompagner les personnes pendant tout leur parcours, jusqu’à l’objectif final, permettre leur réinsertion dans la société.

* Les CPIP peuvent travailler en "milieu ouvert" auprès de personnes soumises à une mesure restrictive de liberté qui n'est pas l'incarcération. Ils impulsent une dynamique de réinsertion auprès d'elles et s'assurent qu’elles respectent les obligations fixées par l’autorité judiciaire.

C’est quoi, une commission de l'application des peines ?

Les commissions de l’application des peines, présidées par le juge d’application des peines (dit "JAP"), réunissent le procureur, le chef d'établissement, ainsi que les membres du personnel de surveillance et du service pénitentiaire d'insertion et de probation. Elles permettent d’aider à la décision du juge d’application des peines sur les aménagements de peine ; réductions de peine ; autorisations de sortie sous escortes ; permissions de sortir.

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