« Ce qui m’a motivé en premier, c’est l’esprit de groupe et le fait d’intégrer une équipe au sein de laquelle les compétences individuelles sont placées au service du collectif. »
Paul est officier au sein d’une équipe régionale d’intervention et de sécurité (ERIS). Depuis son début de carrière, il a occupé différentes fonctions et gravi les échelons en passant les concours internes. Passionné par son métier et ses missions, il partage son quotidien et ses différentes expériences.
Quel est votre parcours ?
Actuellement chef de section, j'ai intégré l'administration pénitentiaire en 2013 en tant que surveillant. Après deux ans, j'ai réussi la sélection professionnelle des ERIS. Franchisseur opérationnel puis négociateur de crise, j’ai aussi eu en charge la supervision des moyens de communication et logistiques et du parc automobile.
En 2019, j'ai quitté I'ERIS pour intégrer la formation initiale de lieutenant à l'École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) avant d’être de nouveau affecté en centre pénitentiaire. Rappelé par mon goût de l’intervention et des ERIS, j’ai présenté une seconde fois ma candidature à la sélection professionnelle, cette fois en qualité d'officier. À l'issue d'une nouvelle formation d'adaptation à l'emploi, j'ai été affecté dans l'équipe d'encadrement d’une unité ERIS.
Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre les ERIS ?
Ce qui m’a motivé en premier, c’est l’esprit de groupe et le fait d’intégrer une équipe au sein de laquelle les compétences individuelles sont placées au service du collectif. Mon expérience en détention m’a permis d’affirmer mon goût pour l’intervention en situation de crise. L’envie de me spécialiser et de me former à cette gestion opérationnelle des incidents a conforté mon choix d’orientation. J’ai suivi la formation de négociateur après avoir intégré l’ERIS.
Est-ce qu’il existe une journée type pour un agent ERIS ?
Il n’y a aucune routine au sein d’une ERIS. L’emploi du temps comprend des temps d’entraînement individuel, physique et technique, des temps d’entraînement collectif qui permettent de maintenir les capacités et l’opérationnalité du groupe. À cela s’ajoutent les missions programmées de type escorte, formations à destination des établissements ou encore des opérations de sécurité dans les établissements pénitentiaires et sur les domaines qui leurs sont affectés.
Les agents peuvent également se spécialiser dans des domaines d’intervention spécifiques à la gestion de certaines crises, comme la négociation en situation de crise, le franchissement opérationnel, la maîtrise d’outils spéciaux.
Le planning peut évidemment évoluer en fonction de l’actualité et des missions urgentes.
Selon vous, quelles sont les qualités essentielles pour réussir en tant qu’agent ERIS ?
Selon moi, un bon agent ERIS doit savoir faire preuve d’humilité pour mettre ses compétences au service des établissements pénitentiaires dans lesquels il intervient et venir en soutien des personnels primo-intervenants.
Il doit se montrer disponible. Un agent ERIS est d’astreinte en moyenne deux semaines par mois. Les missions programmées ou urgentes se déroulent en horaires décalés, parfois sur plusieurs jours. Lors des missions en Outre-mer, les équipes se relèvent une fois par mois en moyenne.
Enfin, un agent ERIS doit être passionné, afin de toujours repousser ses limites et continuer sa progression technique et opérationnelle. Il ne doit pas se reposer sur ses acquis et ainsi faire progresser le groupe.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite rejoindre les ERIS ?
Sans hésiter, je dirais qu'il ne faut rien laisser au hasard. Il n’y aucune surprise dans le concours interne, toutes les épreuves sont connues des candidats. C’est un concours certes exigeant et auquel il faut s’y préparer, mais il reste accessible.
Mon second conseil serait d’oser. Intégrer une ERIS est une expérience formidable, tant professionnellement qu’humainement. Le candidat qui a une appétence pour les missions ou l’esprit de groupe ne doit pas se censurer par peur de l’échec ou par crainte de ne pas avoir les compétences. Ce sont des candidats – et candidates ! – motivé(e)s qui sont avant tout recherché(e)s, et non des spécialistes. La formation leur apportera le reste. 100 % des reçus ont passé le concours, alors foncez !
INFO COMPLÉMENTAIRE
Seuls les surveillants pénitentiaires peuvent être agent ERIS.
Les lauréats au concours interne suivent une formation d’adaptation de 13 semaines pour les gradés et officiers ou de 11 semaines pour les agents. Cette formation s’inspire des formations de grandes équipes d’intervention comme le GIGN et le RAID, mais il faut rester humble et respectueux, les missions sont différentes et donc les objectifs de la formation le sont aussi. Les ERIS sont avant tout des experts du milieu carcéral. Cette expertise est complémentaire de celle des autres unités d’intervention pour faire face à une crise de haute intensité.
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