Adeline, famille d’accueil de la PJJ

Interview

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"C’est une expérience humaine riche, qui permet de voir un jeune évoluer, reprendre confiance et trouver sa place."

C’est en 2016 qu’Adeline est devenue famille d’accueil de la PJJ en parallèle de son activité professionnelle. Elle est alors une jeune trentenaire urbaine, aide-soignante et mère célibataire d’une petite fille de sept ans. Près de dix ans après, elle accueille un trentième jeune pour plusieurs mois. Adeline revient sur son parcours de famille d’accueil.

Pourquoi avoir choisi de devenir famille d’accueil de la PJJ ?

Mon engagement est né d’une expérience personnelle lorsque j’ai accueilli pendant quelques mois un membre de ma famille qui rencontrait un certain nombre de difficultés. Cette situation m’a permis de mesurer concrètement l’importance pour lui de pouvoir s’appuyer sur un cadre sécurisant, stable et bienveillant. C'est à ce moment-là que je me suis dit : « Pourquoi ne pas le faire pour d'autres jeunes ? »

Au fil de mon parcours, j’ai été touchée par l’histoire de jeunes souvent marqués par des ruptures et des épreuves. J’ai été particulièrement sensible à leur besoin d’être regardés autrement qu’à travers leurs difficultés. Devenir famille d’accueil est pour moi une façon de leur dire : « Tu comptes, tu as ta place et tu mérites d’être accompagné avec respect et bienveillance. »

C’est une mission essentielle pour les jeunes, mais également un engagement qui fait pleinement sens pour moi, en cohérence avec mon parcours et mes valeurs.

Comment s’organise le quotidien avec un jeune ?

Le quotidien s’organise avant tout autour d’un cadre structurant. Les journées de chaque jeune sont différentes. Elles peuvent être rythmées par des stages, des formations, un emploi ou des activités et par des temps partagés à la maison. L’objectif est d’instaurer des repères clairs tout en restant à l’écoute des besoins de chaque jeune. Le quotidien permet de travailler des choses simples mais essentielles telles que les règles de vie, l’autonomie, la gestion du temps et la place de chacun.

Comment s’établit la relation famille d’accueil - jeune ?

La relation se construit progressivement. Elle repose sur la confiance, l’écoute et le non-jugement. La confiance se crée dans le quotidien, à travers des échanges simples et des différents moments partagés. Ces jeunes arrivent souvent avec une histoire complexe. Il est important de les accueillir tels qu’ils sont, sans les réduire à leurs difficultés, et de leur offrir un regard différent avant tout bienveillant.

Comment êtes-vous accompagnée par les services de la PJJ lors de l’accueil d’un jeune ?

Je ne suis jamais seule car les services de la PJJ sont présents avant et tout au long de l’accueil. Il y a des échanges réguliers avec les éducateurs et un accompagnement éducatif constant. Cet appui permet de prendre du recul, d’ajuster les pratiques et de ne jamais rester isolée face aux difficultés.

Les éducateurs de la PJJ interviennent de manière très réactive. Dès qu’une difficulté survient avec un jeune accueilli, un simple appel téléphonique de ma part suffit pour qu’ils se déplacent et prennent le relais si nécessaire.

Que vous apporte le fait être famille d’accueil de la PJJ ? 

Être famille d’accueil m’apporte un fort sentiment d’utilité et de cohérence avec mes valeurs personnelles et professionnelles. C’est une expérience humaine riche, qui permet de voir un jeune évoluer, reprendre confiance et trouver sa place. Chaque parcours est différent, mais chaque avancée, même petite, a beaucoup de sens.

Cela a aussi motivé un changement de carrière à l’orée de la quarantaine. Après 2 ans de formation, je suis devenue monitrice-éducatrice et je suis aujourd’hui contractuelle dans un établissement de placement de la PJJ, tout en continuant à être famille d’accueil.

Quels conseils donneriez-vous à des personnes qui hésiteraient à devenir famille d’accueil de la PJJ ?

Je leur dirais d’abord que les doutes sont légitimes. Accueillir un jeune est un engagement important, c’est normal de se poser des questions. Il ne s’agit pas d’être un professionnel de l’éducation ou de tout savoir faire. Ce qui compte avant tout, c’est la capacité à offrir un cadre sécurisant, de l’écoute, de la stabilité et une présence bienveillante. Il est essentiel de savoir que l’on n’est jamais seul. À la moindre question ou difficulté, les éducateurs sont présents.

Je leur conseillerais aussi de s’informer, de rencontrer les équipes de la PJJ et d’échanger avec d’autres familles d’accueil. Cela permet de mieux comprendre la réalité de l’accueil et de se projeter. Si l’envie d’aider est là, même avec des appréhensions, alors c’est souvent le signe que l’on a déjà les bases pour s’engager dans cette mission.

Si comme Adeline vous souhaitez devenir famille d’accueil, retrouvez toutes les modalités et les conditions ici.

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