Denis, professeur technique culture et savoirs de base

Interview

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« Le plus intéressant dans ma pratique professionnelle est le fait d’être au contact des jeunes, de les valoriser, de les accompagner et d’être un acteur de leur réussite. »

Denis est professeur technique dans la spécialité culture et savoirs de base depuis 2012. D’abord professeur de l’Éducation nationale, il a enseigné l’histoire et la géographie au collège pendant quatre ans, puis il est devenu assistant pédagogique en secteur réseau Ambition réussite (RAR) pendant six ans. Il accompagnait alors des collégiens en difficulté dans leur travail scolaire pendant les apprentissages en classe et dans leur travail personnel. Fort de ces expériences, il a décidé de rejoindre la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en tant que contractuel avant d’être titularisé. C’est avec passion et conviction que Denis parle de son métier et de ses missions.

Pourquoi avoir choisi de travailler à la PJJ ?

Mon expérience d’enseignement au collège m’a fait réaliser que je désirais m’investir plus particulièrement auprès d’un public en difficulté et ayant des besoins spécifiques. La perspective de travailler auprès d’un public adolescent suivi par la protection judiciaire de la jeunesse m’a apparu intéressant.

Quelle est la singularité de votre métier ?

Les jeunes que je prends en charge viennent d’horizons très différents que ce soit leur milieu social et leur contexte judiciaire. Dans l’ensemble, ils ont tous en commun un parcours chaotique qui leur a fait perdre toute confiance en eux. Les jeunes arrivent à l’unité éducative d'activités de jour (UEAJ) en étant démotivés, souvent dans une situation d’échec scolaire et n’ayant pas ou peu de motivation de s’en sortir.

En quoi consiste la spécialité culture et savoirs de base ?

La spécialité culture et savoirs de base a pour objectif de fournir aux jeunes des outils pour comprendre le monde qui les entoure, de leur donner un esprit critique et de former des futurs citoyens. Pour y parvenir, j’organise divers ateliers de prise en charge individuelle ou en groupe favorisant l’oralité à travers des ciné-débats par exemple.
Je propose de la remédiation scolaire, qui est un dispositif pédagogique mis en place après évaluation de l'élève, pour combler des lacunes, corriger des apprentissages erronés.
Cela permet d’aborder les matières d’enseignement général (mathématiques, français, histoire géographie), de l’éducation civique et des notions de sciences naturelles. Mon objectif est de préparer les jeunes au passage du diplôme du certificat de formation générale (CFG).
Une grande partie de mon approche pédagogique est orientée vers une démarche d’utilisation raisonnée des médias. À partir de l’analyse de photos, de vidéos et de faits d’actualité, je cherche à faire comprendre aux jeunes que ce qu’ils voient sur leurs écrans ne reflète pas nécessairement la réalité. Cela me permet aussi de leur expliquer qu’ils peuvent se retrouver face à des sites malveillants ou à des vidéos complotistes.
La participation à des actions comme « Des Cinés, la Vie » me permet aussi d’aborder la construction des récits, le schéma narratif, l’importance des plans et de leurs constructions. Le visionnage de courts métrages très différents est aussi l’occasion d’aborder le débat d’idées.
Enfin, j’accompagne aussi les jeunes dans leurs démarches administratives. Je les aide à construire un projet professionnel en les accompagnant dans leurs recherches de stages, la préparation d’entretien de recrutement et la visite de centres de formation.

Qu’est-ce qui est le plus intéressant dans votre pratique professionnelle ?

Le fait d’être au contact des jeunes, de les valoriser, de les accompagner et d’être un acteur de leur réussite.
De plus, mon métier demande une adaptation constante pour être au plus près des besoins des jeunes. Il faut donc varier continuellement les supports pédagogiques et les pratiques pour susciter de la curiosité, de l’intérêt et l’attention des jeunes.

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction ?

Au quotidien, j’ai l’impression d’être utile pour les jeunes pour qui la vie n’est pas facile et d’être un lien entre eux et les différents acteurs de la vie sociale, culturelle et professionnelle. De plus, en les impliquant dans des actions citoyennes, je participe à leur prise de conscience sur les valeurs de la République.

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour être professeur technique culture et savoirs de base ?

Les qualités que je trouve essentielles sont l’écoute, la patience, l’empathie et la persévérance. L’écoute est primordiale car elle permet de cerner les problèmes et les besoins du jeune pour pouvoir dialoguer avec lui.
La patience est importante, tout ne se fait pas en une seule approche. Il est judicieux de prendre le temps d’accompagner le jeune dans toutes ses demandes et ses attentes. Et si cela ne marche pas du premier coup, il faut faire preuve de persévérance.
Enfin, savoir faire preuve d’empathie est nécessaire notamment si un jeune rencontre trop d’échecs, il ne faut pas le décourager. La compréhension et la prise en compte de ses problèmes permettent une prise en charge plus efficace.

Focus sur les unités éducatives d'activités de jour (UEAJ)

Les unités éducatives d'activités de jour sont des structures de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) qui accompagnent des jeunes sanctionnés à la justice. Les professionnels qui y exercent ont pour mission de les aider à développer des compétences sociales, scolaires et professionnelles. L’objectif est qu’ils puissent retourner dans un cadre classique de scolarité, de formation ou d’emploi.

>> En savoir plus sur l’insertion scolaire et professionnelle des jeunes suivis par la PJJ