« Je suis fier d’apporter mon expertise aux établissements et structures pénitentiaires. »
Pouvez-vous vous présenter ?
Titulaire d’un BEP-CAP électrotechnique, j’ai rapidement souhaité découvrir le monde professionnel. Pendant mon service national au sein de la Gendarmerie nationale est née en moi l’envie de travailler comme agent de l’État dans les métiers de la sécurité. J’ai donc passé plusieurs concours des armées et celui de l’administration pénitentiaire, car plusieurs membres de ma famille y travaillaient. En 1994, fort de mon succès au concours surveillant, j’intègre l’École nationale d’administration pénitentiaire pour me former au métier.
Ma carrière de surveillant débute dans un centre pénitentiaire de la région parisienne. J’ai peu à peu gravi les échelons : premier surveillant (actuel grade de brigadier-chef) en 2001, puis inspecteur des services pénitentiaires en administration centrale en 2011. Pendant trois ans, j’ai affiné mes connaissances du fonctionnement des établissements et des métiers pénitentiaires.
De retour sur le terrain, je suis devenu chef de la sécurité et responsable des parloirs dans un établissement de la région parisienne. Nommé capitaine pénitentiaire dans une maison d’arrêt en Bretagne, j’occupe depuis des postes à responsabilité à l’échelle interrégionale. Je fais aussi de temps en temps des missions d’intérim de directeur d’établissement dans des petites structures. Le terrain reste le socle de mon métier.
Pourquoi avez-vous choisi de devenir capitaine pénitentiaire ?
C’était une suite logique dans ma carrière. C’est aussi pour moi le moyen de rendre à mon administration ce qu’elle m’a donné et de la servir maintenant dans ce rôle de commandement, riche de mes expériences passées en établissements pénitentiaires.
Comment présentez-vous votre métier à quelqu’un qui ne le connaît pas ?
Le capitaine pénitentiaire est un chef d’orchestre. Lorsqu’on est sur le terrain, on coordonne les équipes, on gère la vie en détention et les conflits. Être capitaine c’est assurer la sécurité, la cohésion et le respect des règles tout en faisant de la médiation et en étant à l’écoute de l’autre. Nous gérons de l’humain, des personnels, hommes et femmes appelés à travailler ensemble pour une mission commune : maintenir la sécurité en détention, pour le bien des agents comme celui des personnes détenues.
Vous êtes actuellement officier interrégional défense et sécurité. Quelles sont vos missions ?
Je m’occupe de la gestion de crise et en particulier des différents protocoles (plan de protection, plan de la continuité d’activité…) établis par les établissements et les services pénitentiaires d’insertion et de probation du ressort. J’interviens à tous les niveaux : relecture, conseil, accompagnement, validation. Je suis aussi le garant de la protection du secret et en charge du bon fonctionnement de la cellule de crise.
En cas de crise, je suis l’un des interlocuteurs des préfectures de mon interrégion. À ce titre, je participe à des exercices autour du plan d’organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC) pour me perfectionner.
Qu’est-ce qui vous apporte le plus de fierté sur le plan professionnel ?
Je suis fier d’apporter mon expertise aux établissements et structures pénitentiaires grâce à mes 32 ans d’expérience, et de pouvoir faire évoluer positivement nos procédures.
Autre grande fierté : être reconnu par les services de la préfecture de proximité. Je suis le référent justice de leur centre opérationnel départemental, cellule de crise qui peut être déclenchée à tout moment, comme lors des récentes canicules ou encore lors de l’exercice ORION 26 effectué avec les armées.
Enfin, je suis fier de ma carrière accomplie avec un BEP/CAP ; ma réussite professionnelle m’apporte une grande satisfaction personnelle.
Parmi les nombreuses formations que vous avez suivies, quelle est celle qui vous a le plus marqué ?
Tout au long de ma carrière, l’administration pénitentiaire m’a donné ma chance. J’ai pu progresser en participant à une multitude de formations. J’ai obtenu un diplôme universitaire (DU) intitulé « Droit, religion et vie sociale ». Cela me permet notamment de promouvoir la laïcité au sein d’autres administrations. Je participe aujourd’hui aux enseignements dispensés dans ce DU auprès des aumôniers devant être agréés pour intervenir en milieu carcéral.
Selon vous, quelles sont les qualités et compétences requises pour être capitaine ?
Pour être capitaine, il faut avoir un sens aigu du travail d’équipe et du management. Qui dit chef d’équipe dit un sang-froid en toute circonstance. Cela implique de savoir prendre du recul pour mieux réfléchir et donner les meilleures directives.
Il est nécessaire d’être à l’écoute des agents et de ses interlocuteurs, de s’appuyer sur les compétences de ses collègues. Il faut savoir se faire respecter tout en étant bienveillant et loyal, sans oublier d’être force de proposition. Nous sommes le maillon de communication entre les personnels de terrain et la direction de l’établissement. Enfin, en toute circonstance, rester humble et ne jamais oublier d’où l’on vient.
Quels conseils donneriez-vous à une personne qui débute en tant que capitaine ?
Tout d’abord, de bien mesurer l’engagement nécessaire au sein de l’administration pénitentiaire. Je lui conseillerais aussi de prendre du recul, de ne pas réagir à chaud et de savoir s’entourer avant de prendre certaines décisions. Mais surtout de rester soi-même, fidèle à ses valeurs.
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