« Contribuer à faciliter le travail quotidien des collègues qui exercent en juridiction est une grande source de motivation »
Sara est greffière. Nous l’avions rencontrée alors qu’elle finissait sa formation en tant que greffière stagiaire au tribunal judiciaire de Paris*. Forte de son expérience en juridiction, notamment acquise alors qu’elle était contractuelle, elle est actuellement chargée d’études pôle accompagnement organisationnel (AccOr.J). Sara revient sur son début de carrière et ses missions actuelles en administration centrale.
Comment s’est passée votre première prise de fonctions ?
Ma première prise de fonctions s’est très bien déroulée. À l’issue de ma formation de greffier à l’École nationale des greffes (ENG), je pensais initialement choisir un poste en juridiction. Cependant, l’un des postes ouverts en administration centrale a particulièrement suscité mon attention et ma curiosité : chargée d’études au bureau de l’accompagnement de l’organisation des juridictions (AccOr.J) à la sous-direction de l’organisation des juridictions et de l’innovation de la direction des services judiciaires. Ce poste me permet de découvrir un nouvel environnement professionnel, de nouvelles fonctions et de nouveaux objectifs ! Mais je sais qu’à terme, j’exercerai en juridiction.
Quelles sont vos missions ?
L’activité du bureau AccOr.J porte sur de nombreux sujets, mes missions sont très diversifiées et me permettent une grande autonomie. Le cœur de ces missions consiste à accompagner les juridictions sur le volet organisationnel, pour améliorer leur fonctionnement. Nous les aidons à parfaire une organisation existante, ou à la repenser de manière plus approfondie quand c’est nécessaire. Concrètement cela se traduit par des échanges avec la juridiction permettant de cadrer la demande, des déplacements sur site et au sein de juridictions similaires. Nous rédigeons ensuite un rapport avec des préconisations et organisons une restitution à la demande de la juridiction. Je peux également être amenée à travailler sur la modélisation des organisations et des risques procéduraux, ce qui permet d’harmoniser les organisations des juridictions.
Exercer au sein du bureau AccOr.J, c’est également contribuer à la mise en œuvre des réformes et de différents projets nationaux comme la transformation numérique. Nous rédigeons des circulaires, des dépêches ou encore des fiches pratiques pour permettre aux juridictions d’appréhender au mieux les impacts organisationnels que les réformes peuvent avoir à leur niveau.
Enfin, je participe aux autres missions du bureau, telles que les formations dispensées en lien avec l’École nationale de la magistrature ou l’ENG. J’ai notamment contribué à la formation initiale des directeurs des services de greffe judiciaires.
Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction dans votre poste actuel ?
L’un des éléments les plus satisfaisants est de maintenir un lien avec les juridictions et les problématiques actuelles tout en étant en administration centrale. C’est à mon sens très important : exercer au sein du bureau avec d’autres greffiers, des directeurs des services de greffe et des magistrats me permet d’apprendre des expériences passées des uns et des autres. Cela m’est utile pour identifier et anticiper certaines difficultés que pourraient rencontrer les collègues en juridiction et initier en amont une réflexion sur des solutions. Contribuer à faciliter le travail quotidien des collègues qui exercent en juridiction est une grande source de motivation.
Qu’avez-vous appris sur le métier que vous ne connaissiez pas ?
Beaucoup de choses ! Je dirais que j’exerce actuellement un tout autre métier que celui pour lequel je me destinais. Être greffier, c’est occuper des fonctions diverses selon la structure d’affectation, chose qu’on n’a pas nécessairement à l’esprit lorsqu’on passe le concours de greffier. Travailler en lien avec les autres directions (normatives en particulier) ou au sein même de la direction des services judiciaires est l’opportunité d’acquérir une vision plus précise de l’administration centrale et de mieux comprendre le fonctionnement du ministère.
Selon vous, quelles sont les qualités et compétences requises pour être greffier ou greffière ?
Si les fonctions que j’exerce actuellement sont très différentes de celles d’un greffier en juridiction, il y a beaucoup de points communs quant aux qualités et compétences nécessaires : connaître le fonctionnement et l’organisation des juridictions, disposer de bases solides en procédure pénale, civile et prud’homale et se tenir informé de leurs évolutions.
Il faut aussi avoir une appétence certaine pour le travail en équipe. Qu’on exerce en administration centrale ou en juridiction, la communication et la bonne entente avec les collègues et l’ensemble des partenaires avec lesquels on est amenés à travailler sont primordiales pour assurer un fonctionnement continu et fluide.
Enfin, outre la rigueur, il est nécessaire à mon sens d’être réactif et de pouvoir s’adapter face à l’imprévu. Témoigner d’une certaine curiosité intellectuelle est aussi un réel atout, car cela permet d’être toujours au fait des dernières évolutions législatives, jurisprudentielles et même organisationnelles.
Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite se présenter au concours de greffier ?
Le concours de greffier, et de manière plus générale les concours des métiers du greffe, sont encore peu connus des étudiants. Le métier de greffier souffre de beaucoup de préjugés. On le limite, à tort, à la tenue d’audience et à la rédaction de jugements. Il s’agit pourtant d’une profession très riche : les missions exercées sont diverses selon qu’on travaille en administration centrale, en service administratif régional ou en juridiction, en qualité de greffier ou greffier placé.
Pour en savoir plus sur le métier, je conseillerais de se rendre en juridiction, d’assister à des audiences publiques. Parfois, lors des suspensions d’audiences et lorsque leur temps le permet, les greffiers acceptent volontiers de répondre à des questions sur leur profession. Je le dis en connaissance de cause pour l’avoir moi-même fait. Il existe également de plus en plus de retours d’expériences sur les réseaux sociaux.
Enfin, la profession de greffier offre différentes opportunités d’évolution et une grande diversité dans les missions, comme mon parcours en témoigne.
*Lire l’interview de Sara, quand elle était greffière stagiaire
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