Rachèle, capitaine pénitentiaire

Interview

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« Si l’aspect sécuritaire prévaut, c’est aussi un métier où le volet relationnel est primordial. »

Rachèle est capitaine pénitentiaire. Elle occupe actuellement le poste de responsable formation dans une direction interrégionale. Motivée par l’engagement de porter haut les valeurs de la République et du service public, elle est entrée à l’administration pénitentiaire en 2005. Avec fierté, elle revient sur son évolution professionnelle de conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation à capitaine et parle de ses missions.

Pouvez-vous vous présenter ?

En 2005, encore étudiante en licence d’économie-sociologie, j’ai passé le concours de conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) avant d’intégrer l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) pour me former au métier. En 2015, j’ai eu l’opportunité d’intégrer le master droit de l’exécution des peines et droits de l’Homme proposé par l’ENAP en partenariat avec l’université de Pau. En plus d’enrichir ma culture pénitentiaire, cette formation m’a permis d’approfondir mes connaissances en droit pénitentiaire, en régimes de détention et dans le fonctionnement des établissements pénitentiaires.

En 2018, après avoir passé le concours interne d’officier pénitentiaire [devenu depuis capitaine], j’ai exercé en qualité de cheffe de bâtiment dans une maison d’arrêt. Depuis 2022, si je reste affectée en établissement pénitentiaire, je suis désormais responsable de formation des personnels au département interrégional recrutement et formation.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir capitaine pénitentiaire ?

La décision est venue progressivement. Si mon parcours professionnel s’est d’abord focalisé sur la partie insertion et probation, j’ai toujours été intéressée par l’aspect chef d’équipe, le management opérationnel, la réflexion autour des procédures en détention, la mise en œuvre de projets, la collaboration avec l’ensemble des personnels, les partenaires et les prestataires. Les missions de capitaine pénitentiaire recouvrent ces aspects. Le quotidien est très varié et très dynamique.

Comment présentez-vous le métier de capitaine pénitentiaire à quelqu’un qui ne le connaît pas ?

En une phrase, je réponds : « Variétés des missions autour de la prise en charge des personnes détenues ». Cela peut sembler obscur, mais cela révèle surtout le panel des missions confiées au capitaine pénitentiaire. C’est réellement la force de ce métier : réussir à concilier les impératifs sécuritaires avec une prise en charge individualisée des personnes détenues tout en trouvant des méthodes opérationnelles en lien avec les équipes pour appliquer les textes réglementaires. De la gestion de la détention en maison d’arrêt à celle d’un centre de détention ou d’une maison centrale, les contraintes sont différentes et très riches.

Ce métier permet aussi de se spécialiser dans le renseignement, dans la gestion sécuritaire des infrastructures, dans la formation des personnels, dans l’élaboration des missions d’escorte sur la voie publique.

Enfin, il nécessite d’enrichir ses connaissances et de développer ses compétences. Il n’y a pas de routine et c’est une vraie possibilité de réinventer son parcours professionnel.

Quelles sont vos missions à votre poste actuel ?

Depuis presque quatre ans, je suis capitaine responsable de formation. J’élabore et j’anime le dispositif de formation continue des personnels en fonction des nouvelles orientations comme la prise en charge des personnes détenues en quartier de lutte contre la criminalité organisée, les missions armées sur la voie publique, le secourisme, le tir, la déontologie, parmi tant d'exemples. En effet, les personnels de l’administration pénitentiaire bénéficient d’un plan de formation obligatoire très riche lié aux spécificités du monde carcéral et à l’évolution des infrastructures et des publics. Je travaille en lien avec des moniteurs spécialisés et les chefs de structure pour mettre en place ces temps de formation auprès des agents.

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de fierté dans votre métier ?

Choisir l’administration pénitentiaire, c’est porter haut les valeurs de la République, croire au service public. C’est en tout cas l’origine de mon engagement dès 2005 et c’est toujours le cas plus de 20 ans plus tard. J’aime pouvoir travailler auprès des publics détenus sur le sens de la peine, en lien avec l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire. Si l’aspect sécuritaire prévaut, c’est aussi un métier où le volet relationnel est primordial. J’ai le sentiment d’être un maillon de la chaîne de l’exécution des décisions de justice et de participer à la prévention de la récidive.

Selon vous, quelles sont les qualités et compétences requises pour faire ce métier ?

Le capitaine pénitentiaire doit incarner un leadership. En tant que chef d’équipe, il doit porter des projets et accompagner les personnels dans leurs missions. Il ne peut pas être seul pour atteindre les objectifs fixés, sa posture doit être dynamique et éthique. Dans la prise en charge quotidienne des personnes détenues, le capitaine pénitentiaire doit faire preuve d’autorité et développer des compétences opérationnelles très fortes. Sa capacité d’adaptation en collaboration avec ses équipes est une compétence incontournable. La curiosité est également une qualité fondamentale pour se tenir informer de l’évolution des publics, de la réglementation en vigueur, des actualités pénales et pénitentiaires.

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